APREITES

Analyse des pratiques enseignantes instrumentées par télévoteurs dans l'enseignement supérieur 

Présentation du projet

 

La motivation initiale du projet était portée par la volonté d’analyser les pratiques pédagogiques d’enseignant.e.s-chercheur.e.s utilisateurs.trices de boîtiers de vote en cours magistral. L’usage de l’instrument devenait un point d’entrée pour explorer ce qui fonde les choix didactiques que les enseignants-chercheurs opèrent lorsqu’ils enseignent. Nous entendions ainsi docu-menter l’étude plus générale de l’identité profession-nelle des enseignants-chercheurs considérée dans sa dimension «enseignement» et examinée au prisme de la discipline académique concernée. L’enseignement de la biologie en L1 avait été retenue pour cette recherche, qui s’est finalement déroulée en contexte «ordinaire» d’enseignement magistral ; les utilisateurs de boîtiers ayant finalement dû renoncer à leur partici-pation à ce projet.

Description des investigations menées

 

Avec cette réorientation, nous avons structuré notre recherche en deux étapes complémentaires: une étape de réalisation d’une série d’entretiens semi-di-rectifs de type «compréhensifs» auprès d’enseignants universitaires de biologie issus de plusieurs universités; une étape d’observations et d’analyses de cours magistraux conduites sous l’angle théorique des «proximités-en-acte» (Robert & Vandebrouck, 2014) et mobilisant des analyses catégorielle et lexicométrique du discours enseignant. Il s’agissait de saisir, à travers ces discours, certaines dimensions de l’identité professionnelle des enseignants, parmi lesquelles leur représentation de la biologie et les valeurs qu’ils asso-cient à cette discipline, les règles et les normes auxquelles doivent répondre un enseignement de biologie et les besoins qu’ils projettent sur leurs étudiants.

Bilan des principaux résultats

 

De l’analyse des 23 entretiens réalisés, nous pouvons inférer que l’identité professionnelle «enseignante» des enseignants-chercheurs en biologie semble très marquée par une volonté d’inscrire l’enseignement dans le «réel»: celui de la société, et par voie de con-séquences, de former l’esprit critique des étudiant.e.s dans une perspective citoyenne. L’importance de la paillasse (par exemple) est à lire selon cette perspective : la validation du savoir biologique se construit par confrontation avec le réel expérimental. L’enseigne-ment des savoirs «pour eux-mêmes» se voit pensé comme un outillage conceptuel pour penser le vivant et son évolution de manière éclairée, critique et responsable. Les observations in situ ont porté sur les cours magistraux de deux enseignants-chercheurs expérimentés de biologie en L1 de deux universités différentes. Les résultats montrent que si la structure du chapitre observé est assez semblable, la structure du cours dans laquelle il s’insère est différente, notamment en raison de choix d’organisation plus générale de la formation ne dépendant pas entièrement de l’enseignant-chercheur mais plus du contexte uni-versitaire local. Les principaux objectifs notionnels et les difficultés associées citées en entretien par les enseignants-chercheurs sont communs entre eux. Cependant, les enseignants-chercheurs se donnent aussi d’autres objectifs connexes ou méthodologiques au thème notionnel principal qui ne sont pas explicitement partagés.

L’analyse des «proximités-en-acte» révèle que chaque enseignant-chercheur utilise une diversité de proximités répondant à plusieurs objectifs à la fois notionnel et méthodologique. Des différences apparais-sent dont certaines pourraient être expliquées par leur identité respective de chercheur. On retrouve là une spécificité de la dynamique pédagogique de l’en-seignant-chercheur déjà mise au jour dans d’autres disciplines académiques et qui tendrait à valider l’hy-pothèse selon laquelle un chercheur ou une chercheuse qui enseigne puise dans son identité de chercheur.se certaines ressources pour enseigner – cette tendance semble très marquée chez l’en-seignant-chercheur biologiste, comme semblent l’indiquer les résultats des entretiens.

Conclusion sur les retombés pour l'éducation et la formation

 

Cette recherche vient nourrir les travaux relevant de la «pédagogie universitaire» en assumant la dimension disciplinaire des pratiques enseignantes. Ce faisant, elle permet d’envisager quelques leviers d’accompagnement des pratiques prenant en compte certains traits spécifiques de l’identité professionnelle de l’enseignant-chercheur parmi lesquels: sa discipline d’ap-partenance et son métier de chercheur.e.s.

Projet soutenu dans le cadre de la vague 2 de l’appel à projets «Recherches pour l’éducation et la formation» lancé par la Mission Recherche de l’INSPE de l’académie de Créteil.

Responsable scientifique : Cécile de Hosson, Pro-fesseure des universités - Section CNU 28 - Université Paris Diderot - Laboratoire Didactique André Revuz.